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Le 27 juillet 2010 Réseau Action Climat Canada
Lettre aux Premiers Ministres Provinciaux et
Territoriaux à la veille de la réunion pour le Conseil des Fédérations de 2010
à Winnipeg
Monsieur le Premier ministre et messieurs
et madame les Premiers (ère) ministres des provinces et territoires,
Nos organisations membres saluent le rôle
de premier plan que bon nombre d’entre vous jouent en matière de lutte aux
changements climatiques et de développement des énergies vertes. En observant
d’un bout à l’autre du pays, nous constatons qu’il existe dans deux provinces
des initiatives impressionnantes pour améliorer l’efficacité énergétique, pour
exploiter de nouvelles ressources énergétiques renouvelables et durables, pour
réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), pour capter le méthane et
pour mettre un prix sur les émissions de carbone. Alors que nous opérons la
transition vers une énergie propre, il est de plus en plus clair que nous
n’avons pas à choisir entre l’environnement et l’économie – plusieurs provinces
récoltent déjà les retombées positives en créations d’emploi dans des secteurs
comme les énergies renouvelables et le transport en commun, tout en réduisant
leurs émissions de GES.
Le Canada ne peut se permettre de rester
derrière alors que le monde s’éloigne des combustibles fossiles polluants pour
se tourner vers les énergies propres. Accepter une hausse des émissions de GES
pour assurer une prospérité économique est un mythe. Par exemple, entre 1990 et
2008, les provinces du Québec et de l’Alberta ont toutes deux généré une
croissance du PIB du Canada de 18 %. Toutefois, les émissions du Québec
ont diminué tandis que celles de l’Alberta ont représenté à elles seules plus
de la moitié de la hausse des émissions du Canada. L’Ontario a généré 40% de la
croissance du PIB , mais est responsable de seulement 10 % de la hausse
des émissions. Les politiques qui contribuent à accélérer le développement des
énergies renouvelables et qui font payer les pollueurs pour leurs émissions de
carbone peuvent créer des conditions permettant aux provinces et aux
territoires de profiter de l’essor des énergies propres et de s’attaquer au
réchauffement climatique.
La prochaine réunion du Conseil de la
fédération, qui aura lieu à Winnipeg, représente une occasion importante de
développer et d’améliorer la coopération entre les provinces en matière de
climat et d’énergie. En l’absence d’un leadership fédéral fort dans la lutte
aux changements climatiques, un effort coordonné et commun entre les
gouvernements provinciaux et territoriaux est impératif pour planifier la
transition des combustibles fossiles vers une énergie propre.
Cette réunion représente une excellente
occasion pour revoir les engagements antérieurs sur les changements
climatiques. Par exemple, à Moncton en 2007, les Premiers ministres avaient
accepté de produire collectivement 25 000 MW d’énergie renouvelable
additionnelle (d’ici 2020) et d’élaborer un outil pour mesurer les émissions de
GES. Un an plus tard, à Québec, les Premiers ministres des provinces
canadiennes avaient accepté d’augmenter l’efficacité énergétique dans tout le
Canada de 20 % d’ici 2020, incluant notamment l’amélioration de 25 %
d’ici 2011 du Code modèle national de l’énergie pour les bâtiments du Canada.
Il serait bien d’avoir une reddition des comptes transparente de ces
engagements afin que les progrès puissent être évalués et que des corrections
puissent être apportées au besoin.
La prochaine réunion est également une
occasion de souligner que pour combattre le réchauffement climatique, chaque
province et territoire doit mettre en place des mesures incitatives musclées
pour favoriser le développement à grande échelle de nouvelles énergies
renouvelables (énergie éolienne, solaire, etc.), ainsi que des mesures
d’économie d’énergie.
Le partage d’expériences entre les
provinces et les territoires est bénéfique et nous sommes encouragés par ces
efforts dans diverses régions du Canada. Cependant, le temps est venu pour un
effort coordonné et une collaboration partout au Canada.
Nous demandons au plus grand nombre de
provinces possible d’aller de l’avant, ensemble, pour concevoir des systèmes de
réglementation communs. Au même titre qu’un engagement de la
Colombie-Britannique et du Manitoba, l’Ontario et le Québec coordonnent leurs
efforts pour concevoir un système de plafonnement et d’échange pour les grands
émetteurs industriels. Les premiers ministres de l’Est du Canada ont récemment
accepté d’examiner une norme pour le carburant à faible teneur en carbone avec
les gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre. Quelques provinces vont de l’avant
pour implanter la norme ÉnerGuide 80 dans leurs codes du bâtiment pour les
nouvelles constructions résidentielles. Plus nous développerons ce genre de
solutions, plus nous serons efficaces pour créer de nouveaux emplois, améliorer
de la qualité de vie et atteindre nos objectifs de réduction des émissions de
GES tout en assumant la juste part du Canada dans la lutte aux changements
climatiques.
Il existe d’importantes occasions
régionales de collaboration pour le développement, et pour le marché
interprovincial de nouvelles sources d’énergie renouvelable et durable. Par
exemple, les Premiers ministres du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse
ont récemment annoncé une initiative pour améliorer de façon significative la
capacité de leur infrastructure de transmission interprovinciale pour faire
progresser le développement de l’énergie renouvelable sur une base régionale.
Les provinces peuvent apprendre de la Loi
sur l’énergie verte de l’Ontario qui génère un nombre record de nouveaux
emplois, de nouveaux investissements et d’offres de nouveaux produits et
procédés dans le secteur de l’énergie propre du Canada. D’autres provinces
pourraient se joindre à des initiatives similaires.
Dans l’optique de développer une
collaboration plus étroite en matière de climat et d’énergie, nous vous
encourageons à organiser une réunion à la fin de l’automne 2010 ou au début de
2011. Nous croyons qu’une telle synergie contribuerait à renforcer
significativement les efforts individuels, provinciaux et territoriaux de lutte
aux changements climatiques. Les Canadiennes et les Canadiens bénéficieront de
votre collaboration.
La création d’un secrétariat sur l’action
climatique provinciale-territoriale serait le dénouement concret de vos
délibérations dans le cadre de la réunion spéciale plus tard cette année ou tôt
l’an prochain. La création de cette organisation institutionnelle est un
préalable pour le type de collaboration et de leadership provinciaux dont les
Canadiennes et les Canadiens ont besoin. Les Premiers ministres peuvent tirer
profit du potentiel et de la connaissance approfondie disponible au Canada au
sujet des conséquences des changements climatiques sur notre pays, sur nos eaux
et sur notre population.
Nous vous souhaitons des échanges fructueux
lors de votre réunion à Winnipeg et nous espérons que vous prendrez des
décisions quant à la mise en place de mesures immédiates et tangibles. Les
provinces font des efforts concrets pour lutter contre les changements
climatiques et pour élaborer des stratégies pour protéger nos collectivités des
conséquences auxquelles nous sommes maintenant confrontés. Les membres du Réseau
action climat – Climate Action Network Canada attendent avec impatience le
développement d’un effort coordonné et commun à travers le pays.
Bonne chance dans le cadre de cette
importante réunion!
Je vous prie d’accepter l’expression de mes
sentiments distingués.
Graham Saul
Le directeur exécutif du
Réseau Action Climat Canada – Climate Action Network

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