Les jeunes canadiens dénoncent l'exploitation des sables bitumineux
(Copenhague, Denmark) - La parution d'un nouveau rapport aujourd'hui par Équiterre, Environmental Defence, Forest Ethics et le Réseau Action Climat alimente les frustrations de la Délégation de la jeunesse canadienne (DJC) à Copenhague.
"Le Canada détenait auparavant une réputation de pays propre et vert avec des politiques environnementales visionnaires. Pourtant, lorsque nous nous attardons sur les politiques et les actions du Gouvernement canadien sur les changements climatiques, cette image ne pourrait s'avérer plus fausse," pouvons-nous lire dès la première page du rapport.
"À eux seuls, les sables bitumineux représentent la plus grande source de croissance des émissions de gaz à effet de serre au Canada, et nous empêchent de respecter nos engagements au Protocole de Kyoto et de faire des progrès significatifs dans ce dossier", affirme Daniel T'seleie, membre de la DJC et des Premières Nations K'asho Got'ine Denede aux Territoires du Nord-Ouest. "Notre bilan dérisoire sur les plans du climat et des droits humains affecte non seulement les Premières Nations, Métis, et Inuit, mais ternit notre réputation internationale du même coup.
"Les sables bitumineux sont toxiques, affectant ainsi la santé et le bien-être de nos communautés de façon disproportionnée", affirme Lynzii Taibossigai, une jeune des Premières Nations M'Chigeeng. "Pour un pays qui parle beaucoup de défense des droits de l'homme au niveau international, le Canada a manqué à son devoir de protéger les droits des Premières Nations, Metis, et Inuit des impacts des sables bitumineux."
"Le Canada accuse un retard non seulement dans les réductions de gaz à effet de serre, mais aussi dans les investissements en énergies renouvelables et pour la nouvelle économie verte," ajoute Taibossigai. "Les États-Unis ont investi 14 fois plus per capita en énergies renouvelables, et notre seul programme d'efficacité énergétique au pays, ecoAction, vient de fermer ses coffres sans aucun plan de renouvellement."
"Le Canada doit arrêter de mettre les intérêts des compagnies pétrolières devant ceux de ces propres citoyens et au détriment de la planète. Nous devons agir maintenant et investir dans un avenir propre et juste pour la jeunesse canadienne," exige T'selieie. "Les Premières Nations ont de profondes convictions et connaissances sur le modèle d'économie durable et ils représentent ainsi d'excellentes ressources pour le Canada afin de bâtir une économie nouvelle qui ne sacrifie pas une partie de sa population sous le prétexte de la croissance économique" conclut-il.