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Une introduction aux changements climatiques
Le consensus scientifique
Une écrasante majorité de scientifiques souscrit aux assertions fondamentales suivantes : 1) le climat mondial s’est réchauffé et continuera de le faire dans un avenir prévisible; 2) le réchauffement observé est largement dû à l’activité humaine (combustion de carburants fossiles pétrole, charbon et gaz et destruction des forêts); 3) les conséquences d’une élévation des températures, dans toutes les projections d’avenir, sont assez graves pour justifier une action mondiale.
Comment savons-nous cela?
En 1988, les Nations Unies créaient le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Ce regroupement de plus de 2000 scientifiques et experts de partout au monde se réunit périodiquement pour passer en revue les documents scientifiques existants approuvés par les pairs sur des sujets pertinents. Des scientifiques qui pourraient être sceptiques par rapport au travail du GIEC sont aussi invités et sont même parmi les auteurs principaux des groupes de travail. Les documents sommaires sont examinés intégralement, en présence de représentants de l’industrie et de sceptiques. Les méthodes du GIEC sont rigoureusement justes envers la dissidence et incomparablement exhaustives. Le GIEC n’a commencé qu’en 1995 à défendre les principes fondamentaux du changement climatique et, depuis ce temps, a utilisé des formulations de plus en plus affirmatives dans ses rapports sommaires.
Pour ajouter à cette adhésion globale sans précédent des scientifiques du monde, une déclaration sanctionnant la légitimité du processus et des conclusions du GIEC (la science du changement climatique) a été signée, en 2001, par seize sociétés scientifiques nationales.
En juin 2005, une deuxième déclaration conjointe (Déclaration sur la réponse mondiale face au changement climatique) was issued by the science academies of the G8 nations and of China, India and Brazil. a été émise par les académies en sciences des pays du G8 ainsi que de la Chine, de l’Inde et du Brésil. On pouvait y lire : « La compréhension scientifique du changement climatique est maintenant suffisamment claire pour inciter les nations à prendre des mesures promptes. »
Extrait de la déclaration conjointe des académies en sciences : Déclaration sur la réponse mondiale face au changement climatique, juin 2005 :
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L’existence des gaz à effet de serre dans l’atmosphère est vitale pour la vie sur Terre. En leur absence, la température moyenne serait d’environ 30 degrés Celsius inférieure aux températures que nous connaissons actuellement. Mais l’activité humaine a pour effet de concentrer dans l’atmosphère les gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone, le méthane, l’ozone troposphérique et l’oxyde nitreux, à des valeurs bien au-delà de ce qui prévalait avant l’ère industrielle. Les concentrations de dioxyde de carbone ont augmenté de 280 ppm en 1750 à plus de 375 ppm aujourd’hui, une concentration plus élevée que tout niveau précédent qui peut être mesuré avec fiabilité (c.-à-d. au cours des 420 000 dernières années). L’accroissement des gaz à effet de serre fait augmenter la température; la surface de la Terre s’est réchauffée d’environ 0,6 degré Celsius au cours du XXe siècle. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit que la température moyenne à la surface de la planète continuera d’augmenter, entre 1,4 et 5,8 degrés Celsius au-dessus des niveaux de 1990, d’ici 2100.
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L’affaire de la fausse pétition
Au cours des dernières années, on a vu circuler une pétition opposée aux opinions du GIEC et à la nécessité du Protocole de Kyoto et prétendant avoir été signée par 19 000 scientifiques américains.
Cette pétition est un canular, destiné à propager l’idée que les allégations concernant le réchauffement de la planète ne reposent pas sur une base scientifique.
Selon la Union of Concerned Scientists of the USA (union des scientifiques américains préoccupés) :
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Le Marshall Institute a coparrainé avec l’OISM (Oregon Institute of Science and Medicine) une campagne trompeuse appelée le Petition Project visant à saper et à discréditer l’autorité scientifique du GIEC et à s’opposer au Protocole de Kyoto. Au début du printemps 1998, des milliers de scientifiques du monde ont reçu une lettre circulaire les enjoignant de signer une pétition adressée au gouvernement pour demander à celui-ci de rejeter le Protocole de Kyoto. La pétition était accompagnée de pièces jointes, dont un article formaté de manière à imiter le journal de la National Academy of Sciences. Des recherches subséquentes ont révélé que l’article n’avait été soumis à aucune révision par les pairs, ni publié, ni même accepté pour publication dans le journal, et l’Academy a publié une déclaration formelle niant tout lien avec cette démarche et réaffirmant la véracité du changement climatique. La pétition a refait surface en 2001.
En fait, les experts américains s’accordent avec le GIEC sur ses assertions essentielles, comme en fait foi le soutien accordé par la US National Academy of Sciences (NAS) à la déclaration conjointe de juin 2005.
Le site Web de la Union of Concerned Scientists propose (en anglais) un excellen sommaire sur les organisations de « sceptiques » et leurs tactiques, ainsi que sur d’autres canulars tels que la Déclaration de Leipzig.
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Les changements climatiques actuels font-ils partie de la variabilité naturelle?
À partir de mesures indirectes faites, par exemple, sur des carottes de glace des pôles et sur les cercles des arbres de forêts anciennes, les scientifiques peuvent établir d’excellentes hypothèses sur les tendances de base de la température.
De l’étude des données ainsi recueillies, les scientifiques concluent que la température moyenne de la planète n’a très probablement pas été aussi élevée qu’actuellement depuis au moins 1000 ans et que la concentration de CO2, un gaz à effet de serre, n’a pas été aussi élevée depuis 420 000 ans et n’a probablement jamais été aussi élevée en 20 millions d’années.
L’argument de la « variation normale » est contredit en partie lorsqu’on examine le graphique ci-dessous préparé par le GIEC. On observe une légère tendance à la baisse de la température moyenne de la planète jusqu’au début des années 1900, date à laquelle s’amorce une remontée majeure. Le niveau actuel (en rouge) est plus élevé que les 95 % d’erreur ou d’incertitude représentés (en gris). Cette erreur est plus importante avant les données de thermomètre en rouge, après quoi elle se rétrécit de plus en plus. Le taux d’augmentation de la température moyenne au cours du dernier siècle est sans précédent au cours des 1000 dernières années.
Anomalies des températures

Source : GIEC, Groupe de travail I, Summary for Policy Makers (SPM), Third Assessment Report (TAR), page 3.
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Répercussions sur le Canada
Malheureusement pour les Canadiens, on prévoit que les effets des changements climatiques seront plus importants dans notre région du monde. Par exemple, alors que les températures moyennes de la planète devraient augmenter de 2 à 6 degrés Celsius d’ici la fin du siècle, la moyenne canadienne devrait plutôt se situer entre 6 et 10 degrés.
Déjà dans le Nord canadien, les Inuits voient arriver des merles, pour lesquels leur langue ancienne ne possède pas de mot. Les résidents de Sachs Harbour sur l’île Banks ont vu fondre le pergélisol et ont assisté à un événement sans précédent : un orage accompagné d’éclairs et de tonnerre. Le glace s’amincit, et les ours polaires dépérissent.
Dans les toutes dernières années, le gouvernement fédéral a dépensé des milliards de dollars pour réagir à des variations climatiques extrêmes telles que la sécheresse. Le gouvernement de la Colombie-Britannique s’attend à une augmentation de la gravité et de la fréquence des infestations de dendroctone de l’épinette en raison d’hivers plus doux. Les 5000 à 16 000 décès annuels liés au smog au Canada ne feront qu’augmenter avec la chaleur plus élevée. La liste des problèmes existants et en voie de s’aggraver continue de s’allonger. Les sites d'Environnement Canada et de Ressources naturelles Canada contiennent de l’information sur les effets préjudiciables existants et prévisibles du changement climatique au Canada.
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Quelques degrés de plus, cela ne devrait-il pas être bon pour les plantes?
Les Canadiens qui entendent parler des augmentations de température prévues à la suite des changements climatiques réagissent parfois en disant : « Quelques degrés… ce n’est que ça? J’aimerais bien qu’il fasse quelques degrés de plus en moyenne! »
La plupart ne se rendent pas compte qu’on parle de moyenne planétaire (comme on l’a déjà mentionné, l’augmentation devrait être plus importante au Canada) et que des changements minimes de la température moyenne de la planète peuvent entraîner des effets énormes. Lors de la dernière époque glaciaire, par exemple, la température moyenne n’était que d’environ 5 degrés Celsius inférieure à la moyenne actuelle. Si un refroidissement aussi infime a pu engendrer des effets aussi extrêmes, que pourrait-il se passer à la suite d’un changement de température beaucoup plus rapide?
On peut également être tenté de penser qu’une augmentation du CO2 ne peut qu’être bénéfique aux plantes puisque celles-ci utilisent le CO2 pour croître et qu’une élévation des températures signifie l’allongement de la saison de croissance. Cependant, il faut plus que des températures élevées et du CO2 pour réussir à faire pousser une plante. Les autres ingrédients clés sont, bien sûr, l’ensoleillement et l’eau.
Le cycle de l’eau sera radicalement modifié avec la hausse des températures, ce qui augmentera le nombre et la gravité des sécheresses comme des inondations. Les taux d’évaporation de surface augmenteront aussi avec les températures. Les quantités d’eau massives ainsi retenues dans l’atmosphère se déverseront en trombes à la faveur de changements momentanés des conditions atmosphériques. Malheureusement, les Prairies sont déjà témoins de l’émergence de ce nouveau modèle. À quoi sert l’allongement de la saison de croissance si cela doit correspondre à une plus longue sécheresse?
Bien des gens sont surpris et désolés d’apprendre que la surface terrestre sera aussi modifiée. Il est probable que les augmentations de température sur la planète accéléreront l’appauvrissement de la couche d’ozone - laissant filtrer une plus grande quantité de rayons UV nocifs.
D’autres impacts de l’augmentation des températures sont à craindre. Ainsi, les infestations d’insectes pourraient se multiplier, puisque les larves survivront mieux à l’hiver, et les feux de forêt pourraient augmenter à la fois en fréquence et en gravité.
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Comment les modèles scientifiques arrivent-ils à prévoir les tendances futures?
Comme il est impossible d’appliquer les méthodes scientifiques traditionnelles à l’étude de l’ensemble de l’atmosphère (par exemple, il est impossible de manipuler une variable et d’observer comment les autres réagissent, puis de sauter dans une machine à remonter le temps et de refaire l’expérience à quelques reprises), les scientifiques doivent utiliser des simulations par ordinateur qui reposent sur l’utilisation d’équations scientifiques bien établies décrivant l’atmosphère et les océans.
Le principal moyen qui permet aux scientifiques de vérifier la validité d’un modèle informatique des températures consiste à déterminer dans quelle mesure ce modèle coïncide avec la configuration des températures passées. Le diagramme qui suit montre la concordance entre les données observées au cours des 140 dernières années et ce que le modèle climatique aurait pu donner. Ce modèle, cité par le groupe de travail I du GIEC, prend en compte une vaste gamme de facteurs, notamment des variables naturelles (volcans, variations du rayonnement solaire, etc.) et des variables anthropiques (consommation de carburant, déforestation, etc.). Comme le montre bien la représentation graphique, le modèle réussit beaucoup plus souvent qu’autrement à suivre la courbe.
Anomalies des températures

Source: GIEC, Groupe de travail I, Summary for Policy Makers (SPM), Third Assessment Report (TAR), page 11.
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Concentrations de dioxyde de carbone et température
Comme tous les gaz à effet de serre, le CO2 a pour effet général de réchauffer l’atmosphère. Il arrive parfois que la température et les concentrations de gaz n’augmentent pas et ne diminuent pas en parfaite synchronie parce que le CO2 n’est qu’un facteur parmi tant d’autres qui influent sur la température de la planète. En règle générale, cependant, on peut dire que plus on envoie de matières en suspension dans l’atmosphère, plus celle-ci se réchauffe, ce qui est amplement corroboré par des données probantes.
D’abord publié dans la revue scientifique Nature, le diagramme qui suit est remarquable pour deux raisons. La première est que le CO2 est présent en très faibles concentrations ou à l’état de trace (ppmv = parties par million en volume). Étonnamment, le CO2 influence les températures même lorsqu’il est présent à l’état de trace seulement.
Le deuxième élément remarquable est le fait que « présent » signifie 1950. Depuis 1950, les niveaux de CO2 dans l’atmosphère ont grimpé à environ 375 ppmv, résultat complètement hors du tableau, les données de celui-ci remontant à 420 000 ans. Depuis, la courbe du haut a poursuivi son escalade marquée vers la droite.
Température et concentration de CO2

Source: GRID (Global Resource Information Database of the United Nations Environment Program in Arendal, Norway)
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Activité humaine et radiation solaire comme facteurs comparés du changement climatique
Selon les conclusions du GIEC, on estime que l’effet de réchauffement dû à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère est huit fois plus important que l’effet des variations de l’irradiance solaire.
Forçage radiatif

Source: GRID

Cette page contient des extraits de Ten Popular Myths About Global Climate Change publié par le Sierra Club du Canada.
page de la COP-11
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